Publié le 21 mai 2018 à 07h00 par François Duclos
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La nomination d’un nouveau PDG à la tête du groupe aérien Air France-KLM est une priorité selon le ministre français de l’Economie, qui souhaite une décision d’ici septembre. L’intersyndicale ayant mené 15 jours de grève depuis février souhaite rencontrer la dirigeante intérimaire, Anne-Marie Couderc.

La gouvernance de transition nommée la semaine dernière à la tête du groupe franco-néerlandais ne doit pas durer au-delà de l’été, estimait la semaine dernière Bruno Le Maire sur Europe 1, souhaitant « un nouveau président pour Air France à la rentrée prochaine ». La priorité est selon le ministre de « retrouver le dialogue social, redresser la compétitivité et c’est d’avoir un nouveau président », a-t-il déclaré, la direction étant aujourd’hui formée par Anne-Marie Couderc, présidente non exécutive du groupe, et les trois directeurs généraux Franck Terner à Air France, Pieter Elbers à KLM et Frédéric Gagey aux finances (ce dernier est aussi directeur général du groupe). Quant aux rumeurs de sortie du capital d’Air France-KLM, dans lequel l’Etat français possède 14% des actions et 23% des voix, le ministre a répété que ce n’est « pas du tout à l’ordre du jour ». Lorsqu’une entreprise traverse une crise, « et Air France traverse une crise, ce n’est pas le bon moment pour prendre ce genre de décisions », a-t-il affirmé. On notera au passage qu’il a aussi évoqué la privatisation d’ADP (50,6% des parts), qui elle devrait être « l’opération financière de privatisation la plus importante dans le monde en 2018 ».

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Cette gouvernance de transition à la tête du groupe de l’alliance SkyTeam a de fait mis fin aux négociations entre Air France et l’intersyndicale ayant mené 15 jours de grève depuis le 22 février dernier, pour un coût estimé à 400 millions d’euros. Et le Conseil d’administration du groupe a déjà annoncé que Franck Terner, maintenu à son poste, n’a pas mandat pour « prendre des décisions qui remettraient en cause la stratégie de croissance approuvée ». Regroupant les trois syndicats de pilotes (SNPL, SPAF, Alter), deux syndicats d’hôtesses de l’air et stewards (SNPNC et UNSA-PNC) et cinq de personnel au sol (CGT​, FO, SUD, CFTC et SNGAF), représentant au total 52,6% des voix du personnel, plus l’UNAC, elle a demandé à rencontrer Anne-Marie Couderc. La lettre ouverte explique qu’après « bientôt trois mois de conflit qui n’ont pas permis à un véritable dialogue de s’établir, alors que les dirigeants responsables de cet échec sont toujours en place aujourd’hui, et après le vote particulièrement clair à la consultation, tous les salariés attendent de votre part, des mots et des actes susceptibles de purger le malaise profond qui perdure et de remettre rapidement Air France dans une dynamique positive. C’est essentiel, car de nombreux défis restent encore à relever. Ils ne pourront être abordés sereinement et avec l’énergie nécessaire tant que nous n’aurons pas trouvé le compromis qui réponde favorablement à notre revendication et qu’un point final soit mis à ce conflit. Ce compromis, tous les observateurs conviennent qu’il est à notre portée, y compris en préservant le développement stratégique d’Air France ».

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« Avec une participation massive, les salariés ne comprendraient pas que leur vote reste lettre morte. Nous sommes, vous comme nous, dans l’obligation morale d’agir sans délai en cohérence avec le résultat du scrutin. A ce titre, la période de transition qui débute ne peut justifier de repousser plus encore la résolution de ce conflit. Le travail de l’Intersyndicale a été légitimé par le résultat du scrutin. Elle rassemble aujourd’hui la majorité des salariés et demeure convaincue qu’une stratégie industrielle qui tienne compte de leurs attentes est possible. Pour mettre fin à cette situation de blocage, nous vous proposons de vous rencontrer dès maintenant avec la volonté d’aboutir rapidement à un projet d’accord qui fasse consensus avec les organisations syndicales signataires de cette lettre ».

Rappelons que l’intersyndicale réclame une augmentation générale des salaires de 5,1% dès 2018 (plus 4,7% supplémentaires pour les pilotes), avec +3,8% au 1er avril (rattrapage d’inflation 2012-2017) et +1,3% en octobre (inflation prévisionnelle de 2018). En face, Air France a revu à la hausse l’augmentation qui n’avait été signée que par deux syndicats (CFDT et CFE-CGT représentant 31,3% des voix du personnel) : sa proposition d’accord, rejetée lors de la consultation de tous les employés, portait sur une augmentation générale de 2% en 2018, assortie d’un seuil minimum de 25 euros par mois, et une autre de 5% pour 2019, 2020 et 2021 (1,65% par an), assortie d’un seuil minimum de 40 euros par mois. Les salaires seraient selon la direction augmentés de 12,5% en moyenne sur la période (comprenant une augmentation générale de 7% pour toutes les catégories de personnel et les augmentations individuelles/GVT) ; mais ce « pacte de croissance » prévoit d’adapter l’augmentation dans le cas où le résultat d’exploitation d’Air France serait inférieur à 200 millions d’euros, et d’appliquer une clause de revoyure en cas d’inflation plus élevée ou de résultat négatif. Le rejet par 55% de l’ensemble du personnel de ces propositions a entrainé la démission de Jean-Marc Janaillac.

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