Publié le 5 juin 2018 à 10h00 par François Duclos
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La compagnie aérienne Air France a suspendu toutes les négociations en attendant d’avoir un nouveau dirigeant. Mais à en croire FO, la direction doit s’attendre à un été « houleux » de la part de l’intersyndicale.

Les syndicats représentant tous les corps de métier chez la compagnie nationale française, qui ont mené quinze jours de grève depuis février pour exiger des augmentations de salaires, se sont réunis le 4 juin 2019 à Paris pour discuter de la suite du mouvement. Selon Karim Taïbi de FO cité dans Le Figaro, il y a « unanimité de l’intersyndicale pour repartir » dans la grève : elle a « dans sa totalisé décidé de ne pas en rester là », ajoute Chistophe Malloggi également de FO, « la direction actuelle perd le peu de crédit qui lui reste en refusant de tirer les conclusions de la concertation qu’elle a elle-même lancée ». Accusant le Conseil d’administration d’Air France-KLM de « fuir ses responsabilités », il menace : « tout ce joli monde devra assumer l’été houleux qui s’annonce ».

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Le CA d’Air France-KLM avait déjà annoncé que rien n’avancera avant la nomination définitive d’un successeur à Jean-Marc Janaillac, démissionnaire suite au rejet de ses propositions par une majorité de salariés ; nomination qui ne sera sans doute pas effective avant septembre. La présidente par intérim du groupe franco-néerlandais Anne-Marie Couderc doit mener à leur terme vendredi les réunions organisées avec les syndicats, rencontres auxquelles elle avait appelé fin mai en expliquant souhaiter comme eux « qu’Air France retrouve au plus vite une dynamique constructive dans l’intérêt de ses salariés mais aussi de ses clients ». Il faudra donc attendre la fin de la semaine avant que les syndicats précisent leurs intentions. La dernière rencontre est celle prévue avec le syndicat SPAF, dont le président Grégoire Aplincourt explique dans le quotidien : « mais comment imaginer en rester là après tout ce qu’il s’est passé? On ne restera pas sans réagir ».

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Les quinze jours de grève à Air France ont eu un coût estimé à 400 millions d’euros. Regroupant les trois syndicats de pilotes (SNPL, SPAF, Alter), deux syndicats d’hôtesses de l’air et stewards (SNPNC et UNSA-PNC) et cinq de personnel au sol (CGT​, FO, SUD, CFTC et SNGAF) représentant au total 52,6% des voix du personnel, plus l’UNAC, l’intersyndicale réclame une augmentation générale des salaires de 5,1% dès 2018 (plus 4,7% supplémentaires pour les pilotes), avec +3,8% au 1er avril (rattrapage d’inflation 2012-2017) et +1,3% en octobre (inflation prévisionnelle de 2018). En face, Air France a revu à la hausse l’augmentation qui n’avait été signée que par deux syndicats (CFDT et CFE-CGT représentant 31,3% des voix du personnel) : sa proposition d’accord, rejetée lors de la consultation de tous les employés, portait sur une augmentation générale de 2% en 2018, assortie d’un seuil minimum de 25 euros par mois, et une autre de 5% pour 2019, 2020 et 2021 (1,65% par an), assortie d’un seuil minimum de 40 euros par mois. Les salaires seraient selon la direction augmentés de 12,5% en moyenne sur la période (comprenant une augmentation générale de 7% pour toutes les catégories de personnel et les augmentations individuelles/GVT) ; mais ce « pacte de croissance » prévoit d’adapter l’augmentation dans le cas où le résultat d’exploitation d’Air France serait inférieur à 200 millions d’euros, et d’appliquer une clause de revoyure en cas d’inflation plus élevée ou de résultat négatif. Le rejet par 55% de l’ensemble du personnel de ces propositions a entrainé la démission de Jean-Marc Janaillac.

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