Publié le 8 juin 2018 à 12h00 par François Duclos
dans Actualité, Technologie — 11 commentaires

La compagnie aérienne Iran Air espère recevoir trois nouveaux Airbus et huit ATR, avant que les sanctions américaines prennent effet. Elle envisage d’autre part de lancer des vols entre Téhéran et Sydney, via l’Asie.

Avant l’entrée en vigueur début aout des sanctions américaines décrétées après le retrait de l’accord sur le nucléaire, le CEO de la compagnie nationale iranienne Farzaneh Sharafbafi a expliqué lors de la convention de l’IATA à Sydney qu’il espérait recevoir onze nouveaux avions. Huit ATR 72-600 de 68 places tout d’abord, en plus des huit mis en service depuis mai 2017 sur les vingt commandés fermes, avec autant d’options ; les biturbopropulseurs européens, utilisant des moteurs PW100 de Pratt & Whitney Canada (filiale de United Technologies aux USA), devraient également être affectés par le rétablissement des sanctions. Selon l’agence Tasnim qui cite un officiel iranien, un accord aurait même été trouvé pour que tous les ATR soient livrés.

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Les trois Airbus espérés par Iran Air ne sont pas précisés, et pourraient provenir de sociétés de leasing. La compagnie a déjà pris possession de deux A330-200 (32 places en classe Affaires, 206 en Economie) et d’un A321 (12+182), sur les cent Airbus commandés ferme la veille de Noël 2016 : 38 appareils de la famille A330 (dont des A330-900neo), 46 appareils de la famille A320, et seize A350XWB. Rappelons que les deux avionneurs européens sont directement concernés par les sanctions en raison du nombre de pièces américaines utilisées dans leurs appareils.

Depuis la sortie de l’accord sur le nucléaire annoncé par l’administration Trump, Boeing n’a eu de cesse de répéter que cela aurait peu d’influence sur ses comptes. Iran Air avait signé en 2016 pour quinze 777-300ER et quinze 777-9, plus 50 737 MAX – dont certains pris en leasing. La famille de monocouloirs remotorisés avait également eu les faveurs d’Aseman Air (30 fermes et autant d’options, accord officieusement finalisé en juin 2017 pour des livraisons entre 2022 et 2024), de Qeshm Air (dix MAX et cinq 737-800 annoncés en juin dernier mais toujours pas officialisés), et Kish Air en en aout dernier avec un protocole d’accord pour une dizaine d’exemplaires. Fin avril le PDG de Boeing Dennis Muilenburg expliquait déjà qu’aucune livraison n’était prévue avant 2019 en raison justement de la menace de reprise des sanctions.

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Côté réseau, le CEO d’Iran Air a profité de sa présence en Australie pour annoncer l’ouverture « durant la prochaine saison hivernale » d’une nouvelle liaison entre sa base à Téhéran-Imam Khomeini et l’aéroport de Sydney-Kingsford Smith. Elle serait opérée en A330-200 avec un nombre inconnu de fréquences, et ferait escale quelque part en Asie sans plus de précision. Farzaneh Sharafbafi e justifié cette décision par la présence d’une importante diaspora iranienne en Australie. La compagnie aérienne ne dessert à ce jour plus que deux villes en Asie, Karachi et Mumbai.